Histoire

  Qui sont nos ancêtres ?

Qui sont nos ancêtres ?Les Ambibares furent les  1ers  Celtes à peupler notre région. Ils furent exterminés par les Gaulois, les Abrincates (Avranches) pour notre région.

En 56 avant JC, Titus SABINUS, Lieutenant de Jules César. Il bâtit Viridovix, Chef des Unelles,  certainement à Lithaire, région de la Haye-du-Puits. Les Romains nommèrent  notre  Cité :  « SORDEVALLIS » - la Vallée des Sources !

Dès 836, sous Louis 1er ‘’le Débonnaire’’, les Normands remontent les vallées de la Sée et de la Sélune. Ils pillent et amassent leur butin au Roc de Granville.

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  L’ère Capétienne

Blason des De SourdevalC’est certainement à l’emplacement d’une villa Gallo-Romaine que le 1er Seigneur Normand édifia son château. Il prit le nom de SOURDEVAL.  Lui et ses successeurs entrent dans la Féodalité. Les SOURDEVAL prirent part à la conquête de l’Angleterre en 1066.

Un Robert de Sourdeval participera également à la conquête de la Sicile avec  Bohémond (famille de Tancrède de Hauteville) ; ils combattirent en 1097 à Antioche.

LES LEMOINE ou LEMOYNE : Richard de SOURDEVAL n’eut qu’une fille, Maheust  qui a épousé Guillaume LEMOINE et en 1210, c’est ce nom qui figure comme Seigneur de Sourdeval.  Les armoiries des LEMOINE (ci-contre) sont d’Or, frettées de sable à franc quartier de sable.

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  Le grand royaume

Le grand Royaume1270 – 1348 : Sourdeval  compte presque  4 000 âmes dont 3 500 dans 160 villages. La densité est croissante, soit 7.7 feux (ou foyers) au km². A cette époque, il y avait des forts – appelés BARRES – pour protéger le château. Un lieu-dit porte toujours le nom de la Barre. En 1314, Robert LEMOINE, fils de Richard, donna à sa Jeanne (de Sourdeval) – les femmes portaient le nom de Sourdeval – et à son MARI ? Guillaume de la MAZURE, « tout ce qui pouvait être réclamé dans la paroisse de Moulines, tant en bois qu’en d’autres choses spécifiées … ».

Pour les sculpteurs, la mode, c’est la piéta. Il y en a plusieurs sur notre Canton, mais celle de Perriers-en-Beauficel est particulièrement réussie.

En 1328, on passe de l’ère Capétienne à la dynastie des VALOIS.  On lit dans la charte de Navarre en 1401 : « ½ fief en Sourdeval et St-Martin-de-Chaulieu, appartenant à Messire Robert LEMOINE, Chevalier vault 97 sous et 8 deniers.

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  La guerre de cent ans

La guerre de Cent AnsJeanne de Juvigny, Veuve de Guillaume LEMOINE, se soumet au Roi des Anglais en 1420. Charles VII a pris ombrage de cela et ôte la Seigneurie aux LEMOINE (qui sera restituée plus tard).  En 1401, la paroisse de Sourdeval comprenait plusieurs fiefs dont celui d’Eron qui correspondait en 1452 à 1/8 de fief avec basse justice, manoir et moulin ! C’était une vavassorerie (de vassal)  du fief de Sourdeval.

Il y avait également le fief d’Esson (1/8ème de fief) qui appartenait à Jean d’Esson, qui en devait hommage à Robert de la Ferrière, Chevalier.  Perriers-en-Beauficel ne dépendait pas de Mortain mais de St-Sauveur-le-Vicomte dont Geoffroy d’HARCOURT était le Seigneur et qui s’était rallié en 1420 aux Anglais.

Après 1460, le Château  de Perriers, du Xème  siècle, fut nommé Château Ganne (du traître) à cause de cela. Beaucoup de noms de lieux-dits rappellent cette félonie, comme à la Fourberie où l’on a retrouvé une cheminée monumentale provenant d’un Manoir Anglais.

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  Du Moyen Age à la Renaissance

Du Moyen-age à la RenaissanceDans notre Canton,  la population est enfin délivrée de l’occupation anglaise après les batailles de la croix de Vengeons – près du village de la Pesantière [1449], et d’Avranches  [14 mai 1450]. André LEMOINE fut le dernier Seigneur du nom. Il fut enterré à Sourdeval en 1602 . Ce furent les Du Bosc qui succédèrent.

Notre Château, plusieurs fois remanié fut détruit en 1562 par les Sicaires de Montgomery (Huguenot). En 1601, c’est un domestique qui le brûla par imprudence. Il ne sera relevé qu’en 1731 par Gabriel le Neuf, Seigneur de Sourdeval.  Au XVI ème siècle, les Châteaux changent d’aspect. C’est la renaissance avec ces petits Manoirs Henri IV comme à Chaulieu [La Cour] (à droite) ou à Beauficel [La Herpinière] (à gauche).  La Renaissance, c’est aussi les premières industries.

Au début du XVIème siècle, dans la Vallée de Brouains, s’établit le premier Moulin à Papier.

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  Le XVIIème siècle et la misère

Le XVIIème siècle et la misèreLa peste :  des calvaires avec des boules en pierre ; ce sont les bubons de la peste. Par exemple, à la Davière, à Sourdeval. Il fut érigé au XVIIème siècle.  C’est le témoignage de remerciements d’un rescapé.

C’est l’époque où la Sée et l’industrie sont indissociables. Selon le cahier des états de Normandie en 1643 : « plus de 10 000 personnes gagnaient leur vie dedans en la manufacture de papier dedans le baillage de Mortain et le vicomté de Vire.  A cette époque, 66% des moulins sont des Moulins à papier (les piles à maillet broient  le chiffon). Les Anglais utilisaient du papier filigrané dans la Vallée …

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  Avant la révolution industrielle

Avant la révolution industrielleLes Maîtres ‘’Paptiers’’ vivent en dynasties et ils partirent…. en Bretagne. Mais d’autres industries qui co-existaient  avec le papier, eurent une durée de vie plus importante. Il y avait l’art culinaire, représenté par la poterie de Ger, mais surtout, dans la Vallée, la coutellerie.

Il semble que les Terre Neuvas échangeaient leurs vieux gréements  contre les trancheurs et les piqueurs, ces fameux couteaux à morue. Les voiles servaient au chiffon pour les Moulins à papier et le sel, rougi de sang pour les Potiers (Ce serait pour cela que la poterie de Ger était rouge …).

Mais la marine, c’était aussi la guerre et tout au long de nos côtes, Monsieur VAUBAN construisit des fortifications et ça coutait cher … Vint le siècle des Lumières …

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  La Révolution

La révolutionC’est en 1740 que fut commencée la grande route de Caen à Redon et que notre grande rue se crée. Cette période est faste ; notre paroisse passera de 500 feux fin XVIème à 1098 en 1850 … Il y avait également presque 100 moulins sur les 10kms de la Sée qui joignent Sourdeval à Chérencé-le-Roussel.

C’est Louis Bernardin le Neuf qui fit ériger la fontaine qui trône toujours dans notre Bourg. Il protégea la fuite de Louis XVI à Varenne … et fut condamné et exécuté.

Sourdeval-le-Neuf fut bien sûr débaptisée pour Sourdeval-la-Barre.  Les Nobles furent persécutés mais ils ne furent pas les seuls.

Jean-Baptiste JANIN, né à Sourdeval et ordonné Prêtre le 20 mars 1779 fut arrêté et emmené aux Carmes. Le 2 septembre 1792, il devait mourir en martyr, abattu avec ses amis Eudistes à coups de sabres et piques.

C’est juste avant la Révolution que St-Jean-le-Brun devint Le Fresne-Porêt. C’était le nom du Seigneur. Dès 1878, le domaine fut vendu à un riche quincailler nommé Moulin, qui refusa la Seigneurie. Il avait un colombier de 6m sur 10m ! Rappelons que le pigeon était encore le meilleur moyen de communication, à tel point qu’un manant pris avec un volatile était passible de la peine de mort !

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  La contre-révolution : La Chouannerie

La contre-révolution : La ChouannerieLe 10 octobre 1789, Mirabeau décréta que tous les biens du Clergé sont la propriété de la Nation. Sur Sourdeval, c’est l’Abbaye de Moutons qui dès 1791 verra ses biens rachetés par les citoyens. Michelot MOULIN, de St-Jean-des-Bois, fut le guide des Louis FROTTE, Général en chef des Royalistes. Notre Chouan fut blessé à Truttemer mais plus loin, il tuera un ‘’Bleu’’ qui menaçait FROTTE.

Le château de la Cour de Chaulieu fut un haut lieu de la Chouannerie. Dès 1794, des réfractaires à la conscription, saisissaient dans la Commune, armes et comestibles.

En 1802, le Château de la Herpinière est vendu à Jacques LEJEMBLE, Maire de Beauficel et Papetier qui y installera la Mairie.

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  L’Empire : deux copains aux côtés de Napoléon

Théodore MILLETIl n’avait que 16 ans quand Théodore MILLET décidé de prendre la place de son frère (qui allait se marier), une des 1028 recrues du 10ème bataillon de la Manche. Il y retrouva Charles MOULIN du Fresne-Porêt. A 17 ans, il fut élu Lieutenant par ses copains. Il fut blessé à la tête et est reconnu comme un très bon combattant, notamment à Iéna.

Le Général SUCHET le présenta donc à l’Empereur. Il se mariera à une Allemande, Charlotte TOEPFER, et à 37 ans, il sera nommé Général de Brigade. Il sera également l’un des premiers Officiers de la Légion d’Honneur.  Mort en 1819, il fut enterré à Sourdeval, sa Commune de naissance.

Charles MOULIN est né en 1777, un an après Théodore MILLET et connut un parcours similaire. Il participa à de nombreuses campagnes dont la Russie dont il revint miraculeusement sans blessures et fut nommé également en 1813 de la Légion d’honneur.  Il était toujours de bonne humeur et remonta le moral des grenadiers durant la retraite du Kremlin avec l’Empereur. Il revint chez nous en tant que Capitaine et devint Maire de Vire, puis Conseiller Muncipal de cette Ville jusqu’à sa mort le 27 juin 1853.

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  La Révolution Industrielle

Charles DUVAL, Capitaine dans l’armée Napoléonienne lui aussi, n’eut pas la chance de ses camarades ; il fut fauché à la bataille d’Esling des 21 et 22 mai 1809, à l’âge de 35 ans.

1828 : 660 ouvriers travaillent le papier dans 77 moulins. Le Moulin des frères REINE, à Brouains, devient la plus grosse fabrique à papier de la Vallée. En 1851, à Vengeons, on compte 42 fileuses professionnelles. L’industrie du textile est à son apogée. On y compte aussi 5 vendeurs de cheveux… Par contre, les hommes de Loi, Médecins, Chirurgiens, Pharmaciens, s’installent à Sourdeval.

1858-1875 : on relève la première diminution d’effectifs. Le déclin s’amorce. Les Paptiers commencent à émigrer. Dans notre Canton, on parle d’ouvrir une ligne de chemin de fer qui irradierait la Vallée de Brouains.  Le coût est très élevé mais comme le dit M. THOMAS, Conseiller Municipal  de Sourdeval à M. REINE en 1869 :  « Il est des usines qui sont éloignées seulement de 2 ou 3 kms de Sourdeval et les industriels pourraient utiliser la Gare de Sourdeval pour le transport de leur produit sans avoir recours à un voiturier … ». La ligne sera ouverte en 1887.

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  Jules Hyacinthe LABICHE

Jules Hyacinthe LABICHEDans les industries qui ont marqué notre Vallée, n’oublions pas la fabrication de soufflets, un des principaux centres français.

Revenu du Mexique et des Etats-Unis où il s’occupait du commerce du coton, notre Sénateur Jules LABICHE, donna beaucoup   aux affaires de sa Commune et notamment dans les routes et les voies ferrées.

Né en 1826 à Sourdeval, il fut également Conseiller Général de 1871 à 1904. Armand FALLIERES, Président de la République dira de lui l’année avant son élection en 1905 et à l’occasion de son oraison funèbre : « Il avait acquis une aisance qui lui permit de donner aux affaires de sa Commue, de son Département et de son Pays, le meilleur de son temps ! »

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  La société, l’industrie et le déclin

Grâce à M. LABICHE, la ligne de chemin de fer sera ouverte en 1887 … mais la ligne de tramway, de 71 kms, desservant la Vallée, seulement en 1908 ! C’était déjà trop tard …

Les hospices dépositaires n’existent plus et les filles mères ne peuvent plus déposer leurs enfants dans la nuit.  Malgré tout, l’Asile St-Joseph, qui recueille les vieillards, les pauvres et les infirmes, fondé en 1864, sera reconnu d’utilité publique par Mac MAHON, Président de la République, en 1877.

Les foires et marchés sont extrêmement importants et on s’inquiète de la coïncidence entre la Foire de Mortain et la Foire Saint-Bernardin de Sourdeval. La machine à vapeur fait son apparition. Toutes les industries ne sont pas touchées de la même façon, mais demande une adaptation. C’est ainsi qu’une migration se fait le jour entre Le Fresne-Porêt et la grande usine de Tinchebray… et la population du Fresne-Porêt passe de 1 050 habitants en 1846 à 560 en 1910 !

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  Du 2nd Empire à la 1ère Guerre Mondiale

L'école devient obligatoireLa Ville de Sourdeval va amorcer une longue période de dépopulation de 1850 à 1950 où seulement 2 746 habitants seront enregistrés en 1946.

Avant la Guerre, ce sont jusqu’à 1 500 grillous qui venaient réparer les couverts à la foire St-Crépin mais après les fourchettes et les cuillères seront plus solides, une armature en fer intégrant le couvert…. Les étameurs prenaient le progrès en pleine figure.

Henri LORIER, Maire de Sourdeval, déclare en 1870 que le Gouvernement applique une mauvaise politique, celle du libre-échange qui favorise les importations étrangères et constitue une lourde menace pour le tissu industriel local … la défaite de la guerre Franco-Prussienne.

La consommation de viande augmente … les impôts aussi ; à Mortain, on grève même les propriétaires de chiens. Autre constat : l’illettrisme est extrêmement important qui freine sensiblement le progrès.

  L’instruction

Alexandre MauduitAu Fresne-Porêt, avant guerre, il y a Cocotte ; elle enseigne d’une manière singulière : Quand tu as soif, tu …… b et on bûche avec la …… h.

Sourdeval a produit un grand homme, un Physicien du nom d’ Alexandre MAUDUIT, né à Sourdeval en 1874.  Il fera Polytechnique, l’Ecole Supérieur de l’Electricité. Il sera ensuite Professeur de la Faculté des Sciences de Nancy. Il fera la guerre dans le génie. Il a nombreux titres dont celui de Chevalier de la Légion d’Honneur à titre militaire en 1917 et Officier en 1952. Il est nommé membre de l’Académie des Sciences en 1937, est décédé en 1956, à Paris. Il aimait revenir à Sourdeval où il avait conservé quelques amis …

La rue Alexandre Mauduit longe 3 établissements scolaires. Il aurait aimé cet endroit, lui dont les cours et ouvrages ont formé plus de 1 100 Ingénieurs électriciens et plus de 200 Ingénieurs électro-mécaniciens.

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  Durant la Première Guerre Mondiale

Ernest CLOUARDC’est en 1906 que les écoles que vous connaissez furent construites. Et puis, la tension internationale débouche sur le conflit le plus meurtrier de tous. Le Canton de Sourdeval paiera son tribut à cette Guerre.

Le Commandant Ernest CLOUARD né à Vengeons (La Lisse) le 4 août 1880 est l’une des victimes de cette tragédie. Il obtient son baccalauréat à 17 ans. Il hésita entre la prêtrise et la carrière militaire. Engagé pour 4 ans, il passe Caporal rapidement et Lieutenant en 1909.

Puis l’Allemagne déclare la Guerre à la France le 3 août 1914. Il est nommé Capitaine en Mars 1915, blessé en mai et reçoit la Légion d’Honneur en juillet 1916. Il obtint la Croix de Guerre avec Palme, 2 étoiles de bronze. Il sera même nommé Commandant le 19 mai 1918 ; il a alors 37 ans !

Le 18 juillet 1918, 3 mois avant l’armistice, à la tête de ses troupes au cours de la 2nde bataille de la Marne, il donne sa vie pour sa Patrie.

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  L’entre deux Guerres - les années folles

On profite !  Et on fait bien, cela ne saura durer. Paris fait l’objet de séjours. Sourdeval – Montparnasse se fait en seulement 6h30 !   Il y a aussi le Tüvaque (tue-vache) qui vous mène de Vire à Fougères en 3h – à moins de 30km/h - … attention, la gare des Maures est à 300,80 mètres d’altitude !
Le chemin de fer, c’est malheureusement aussi l’évasion, l’exode rural. C’est Tinchebray qui attire le plus  nos Sourdevalais, et puis notre industrie dans la Vallée souffre de l’étroitesse du lieu, de la concentration, ce qui rend les usines peu accessibles et difficilement extensibles.

Dans nos campagnes, les populations vivent chichement, sans confort, heureux de se servir de la cheminée.

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L'entre deux-guerres - Les années folles

  Crise et prospérité avant la 2ème Guerre Mondiale

L’Acier Inoxidable ou INOX :  3 grands noms qui sont LORANCE – DEGRENNE – LETAVERNIER.

Henri Marie LORANCE et Emile DEGRENNE partagent leurs connaissances. LORANCE part en Allemagne et Belgique pour y étudier la technique de l’INOX … c’est une REVOLUTION !

Ils s’associent pour la fabrication (Usine des Vallées) …  1938 : Terminée la belle époque :  le chemin de fer perd sa fréquentation et dès 1939, le service voyageurs sur Vire-Fougères est retiré.

C’est le déclin et la deuxième guerre mondiale qui se profile.

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Usine des Vallées